Bilingue dès la naissance

L’apprentissage de deux langues dès la naissance change la façon dont le cerveau d’un enfant est connecté – ce n’est qu’un des nombreux cadeaux que le bilinguisme offre aux jeunes enfants. Quel est le plat à emporter pour les familles ? Utilisez toutes vos langues maternelles autour de votre bébé et de votre tout-petit. Les enfants commencent à écouter – et à apprendre – dès le début !

Mon amie a récemment posté une vidéo d’Alice, sa fille de huit mois, assise à la table de la cuisine en train de babiller avec son mari en suédois. Non, son bébé ne parlait pas vraiment suédois, mais pour quiconque écoutait la vidéo, les ba, ga, ga et da de son bébé avaient le son et le rythme du suédois. Le mari de mon ami est un père au foyer et le suédois est sa langue maternelle, c’est ainsi qu’il parle avec Alice et qu’Alice parle avec lui. Il y a de fortes chances qu’Alice babille très différemment de sa mère, qui ne lui parle qu’en anglais. C’est la magie de devenir un apprenant bilingue dès la naissance – vous commencez comme auditeur et babilleur bilingue, puis vous passez à autre chose.

Bilingue avant la naissance

Il y a des preuves que l’apprentissage des deux langues peut commencer encore plus tôt, dans l’utérus, lorsque les bébés écoutent les sons et les langues qui les entourent. Les nouveaux-nés préfèrent les langues qui ressemblent à celles qu’ils ont entendues pendant la grossesse. Et les bébés nés de mères bilingues préfèrent écouter ces deux langues que leur mère parle plutôt que les autres.

Le grand mythe du bilinguisme

Qu’en est-il de l’idée que l’apprentissage de deux langues ralentit le développement du langage chez les enfants ? En fait, les jeunes apprenants bilingues atteignent les mêmes objectifs linguistiques que les enfants monolingues lorsqu’il s’agit de babiller, de prononcer leur premier mot, de comprendre des mots familiers, de combiner des mots ( » Maman, debout ! « ) et d’atteindre un vocabulaire de 50 mots. Mais alors que les enfants bilingues apprennent les mots au même rythme que leurs pairs monolingues, ces mots sont répartis dans deux langues. Lorsque vous combinez l’ensemble de leur vocabulaire, les apprenants bilingues et les tout-petits monolingues ont des vocabulaires pratiquement identiques.

Élaborer un vocabulaire bilingue

Nous savons depuis longtemps que le vocabulaire d’un tout-petit s’enrichit lorsqu’il est exposé à plus de langues et à une langue plus riche. Pour un apprenant qui apprend deux langues, c’est la même chose, mais les parents doivent aussi garder à l’esprit la question de l’équilibre. Une exposition équilibrée à chaque langue parlée à la maison est un ingrédient essentiel d’un véritable bilinguisme. Vous pouvez vous assurer que votre enfant a de nombreuses occasions d’entendre des mots, de parler, de poser des questions et d’y répondre, d’entendre un langage riche, de chanter et d’entendre des histoires dans les deux langues.

Cela peut devenir plus difficile lorsque les enfants sont plus âgés et entrent à l’école. Des études sur les schémas linguistiques de la famille révèlent qu’une fois que les enfants entrent à l’école, ils utilisent davantage le Français et que, par conséquent, leurs parents l’utilisent aussi davantage. Il est naturel que les préférences linguistiques d’un enfant – la langue qu’il utilise et à laquelle il réagit le plus – soient celles qui attirent le plus les parents, mais cela rend le bilinguisme difficile à maintenir.

Prestations bilingues

Le bilinguisme présente de nombreux avantages pour les enfants, y compris les bébés comme Alice. Elle est en contact avec son père dans la langue qui est sa  » maison  » pour lui et pour son autre famille en Suède. Elle pourra écouter les histoires de famille, entendre leurs blagues et avoir de vraies relations avec les grands-parents, les tantes, les oncles et les cousins. La communication alimente la connexion, qui est au cœur de toute relation.

Et les avantages du bilinguisme s’étendent au-delà de ce lien très important avec la famille, la communauté et la culture. Les recherches montrent que les enfants bilingues ont une meilleure mémoire de travail (qui détient, traite et met à jour l’information à court terme) que les enfants qui ne parlent qu’une seule langue. Les enfants bilingues font également preuve de meilleures aptitudes au fonctionnement exécutif, en particulier la capacité de penser avec souplesse, de concentrer leur attention et de filtrer les distractions, comparativement aux enfants monolingues. Une étude a même révélé que les apprenants bilingues avaient une meilleure capacité de voir le point de vue des autres que leurs pairs unilingues.


Toutes les habiletés cognitives qui entrent dans le développement d’un système à deux langues dans le cerveau – la capacité de faire la distinction entre les sons de deux langues, de syntoniser dans quelle langue les gens parlent quelle langue, de prêter attention aux signaux sonores et gestuels dans la communication – semblent soutenir une constellation d’habiletés cognitives dont les enfants bénéficient largement à court terme et toute leur vie. Pour Alice et tant d’enfants, l’apprentissage de deux langues dès la naissance change la façon dont leur cerveau est branché – une des nombreuses façons dont le bilinguisme leur ouvre le monde.

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